Un été à ne jamais revoir

par Normand d’Entremont

Si l’on m’avait dit que cet été allait être le plus mouvementé dans l’histoire du monde du hockey, j’aurais cru être ravi d’entendre les bonnes nouvelles. Malheureusement, les bonnes nouvelles de l’été ont été supplantées par une brutalité de mauvaises nouvelles.

Le tout a, en effet, commencé au printemps dernier durant les éliminatoires, le 15 mai spécifiquement, lorsqu’on a déclaré la mort de Derek Boogaard, bagarreur de la Ligue nationale de hockey (LNH) qui n’avait pas joué depuis novembre dernier en raison d’une commotion cérébrale. En fin de compte, un mélange fatal d’oxycodone et d’alcool aura été la cause de sa mort.

Quelques semaines plus tard, une bonne nouvelle, la meilleure de l’été, est annoncée : la ville de Winnipeg ré-accueillera finalement une équipe de hockey. Après plus d’une année de spéculation où on disait que la ville manitobaine allait reprendre son rôle comme ville hôtesse dans la LNH (mais plutôt avec un déménagement des Coyotes de Phoenix à l’époque), ce sont les propriétaires des Thrashers d’Atlanta qui ne sentaient plus que le marché au sud des États-Unis était rentable (quelle drôle d’idée, hein ?). Les Jets de Winnipeg étaient de retour. Mais la joie ne perdura pas tout l’été.

Le 15 août nous a appris la mort d’un deuxième joueur de la LNH, cette fois Rick Rypien, aussi connu pour son jeu de coups de poing, qui avait ironiquement signé un contrat avec la nouvelle équipe manitobaine. On apprenait également que Rypien, qui souffrait de dépression, s’était suicidé.

Environ deux semaines plus tard, le 31 août, c’est la mort de Wade Belak qui a fait couler l’encre ; un troisième bagarreur mort, et pour la deuxième fois de l’été, sous forme de suicide. Contrairement à Rypien, Belak ne démontrait pas de symptômes de dépression, sa mort étant un choc au sein de la LNH.

Incroyablement, ce ne fut pas la fin du malheur. Exactement une semaine après la mort de Belak, le 7 septembre, la pire nouvelle de l’été a été diffusée : un avion transportant l’équipe complète du Lokomotiv Yaroslavl, une équipe de la Ligue continentale de hockey (KHL), s’écrase en route vers Minsk au Bélarus pour disputer le premier match de la saison régulière. Seules deux personnes ont survécu hors des 45 qui étaient sur l’avion. Des anciens de la LNH tels que Pavol Demitra, Karel Rachunek, Ruslan Salei et Josef Vasicek ont été victimes de l’accident. Selon René Fasel, président de la Ligue internationale de hockey sur glace, c’est « le moment le plus sombre dans l’histoire du hockey ».

Il va sans dire que ce fut un été mouvementé et tragique. Mais cette saison morte ne réussit qu’à soulever d’autres questions sans réponses.

D’abord, il est difficile de nier le fait que ce fut trois bagarreurs qui ont été trouvés morts, les trois liés soit à la dépression ou aux drogues. Cela ramène la pertinence du jeu de batailles en question. Si cela a un si grand effet sur les joueurs, peut-on vraiment se permettre de continuer à appuyer les bagarres durant les matchs?

Pour ce qui est de l’écrasement horrible de l’avion, on a appris récemment qu’il n’était plus censé être utilisé puisqu’il ne répondait plus aux standards d’aujourd’hui. L’Union européenne l’avait déjà interdit sur son terrain de survol. Ainsi, pourquoi est-ce que l’avion a toujours été utilisé? Est-ce que ces négligences sont communes dans la KHL ? Est-ce que la ligue saura surmonter ce moment sombre ?

Finalement, quant à la bonne nouvelle de l’été, il faut que le déménagement des Thrashers ne soit que le début de plusieurs transferts d’équipes. Pourquoi a-t-on toujours une équipe à Phoenix et en Floride, par exemple, alors qu’on ne se soucie pas du hockey dans ces endroits ?

Ce ne sont que des questions. Mais leurs réponses pourraient au moins commencer à nous permettre de faire face à une réalité, semble-t-il, peu réelle.

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