Un monument à sauver

par Marc-André LaPlante, rédacteur en chef

Un peu plus tôt cette année, au courant de l’été, les dirigeants de l’Archidiocèse de Moncton ont déclenché la sonnette d’alarme quant au sort de la Cathédrale Notre Dame de l’Assomption. Il est devenu clair que le sort de cette église ne peut plus être assuré par la communauté croyante, qui diminue d’année en année.

Dans sa chronique publiée dans les pages de L’Étoile la semaine dernière, Jean-Marie Nadeau lance également un appel à la sauvegarde de cette cathédrale, rappelant l’importance symbolique de l’édifice.

Érigé vers la fin des années 1930, ce lieu est rapidement devenu un symbole de la résistance acadienne, alors qu’à l’époque, la communauté acadienne était bien loin d’avoir les droits linguistiques qu’elle a obtenus depuis les années de Louis J. Robichaud.

La Cathédrale Notre Dame de l’Assomption est donc, au-delà d’un lieu de culte, est un véritable symbole pour la communauté acadienne, et est un monument patrimonial d’une immense importance pour la communauté acadienne autant que pour le Grand Moncton.

Il semble qu’il a été prouvé à maintes reprises que la communauté acadienne, lorsqu’elle se mobilise, est capable de faire de grandes choses. Elle a, par exemple, été capable de se mobiliser pour sauvegarder les arbres qui devaient être coupés près du Château Bel-Âge. Elle a également su être une des forces derrière les revendications qui ont entouré la restauration de la rivière Petitcodiac.

Il semble qu’elle devra encore une fois se mobiliser si elle veut sauvegarder ce symbole d’une importance capitale pour la communauté acadienne, au même titre que l’Université de Moncton.

Plusieurs personnes ont reproché au peuple acadien d’être trop orienté vers son passé et son histoire, et d’accorder trop d’importance à la déportation, qui s’est déroulée il y a plus de 250 ans.

Avec la Cathédrale Notre Dame de l’Assomption, c’est un pan d’histoire beaucoup plus récent qui risque de s’effondrer si la population ne cherche pas à trouver des solutions.

L’Archidiocèse de Moncton n’a pas écarté l’idée de faire de la Cathédrale Notre Dame de l’Assomption autre chose qu’un lieu de culte. En d’autres mots, si quelqu’un voulait faire l’acquisition de cet édifice pour lui trouver un autre usage, ces derniers ne seraient pas nécessairement en désaccord.

L’Université du Québec à Montréal a déjà pris de mesures semblables, alors qu’une église abrite maintenant des cours de l’université. Est-ce que c’est un sort semblable qui attend notre Cathédrale? Pour la sauver, elle devra peut-être devenir un édifice universitaire, une bibliothèque ou peu importe. Si on doit lui trouver une nouvelle vocation pour la sauver, il est impératif de le faire.

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