Un nouveau visage pour la Bibliothèque Champlain

par Rémi Frenette

Les étudiants auront sûrement remarqué les rénovations qui ont lieu à la Bibliothèque Champlain depuis le début du semestre. Ces étudiants auront peut-être aussi jeté un coup d’œil aux panneaux donnant un aperçu du réaménagement physique visé par le projet. On y apprend qu’en fin janvier, le premier étage aura été transformé en un Carrefour de l’apprentissage, soit un espace centralisé en services d’aide à la réussite académique, moderne dans son décor et sa technologie et favorisant les travaux de groupes.

Le Front s’est entretenu avec Alain Roberge, bibliothécaire en chef, Héctor Alvarez, chef des services publics, et Pauline Simard, adjointe au bibliothécaire en chef, afin de comprendre en quoi consiste ce Carrefour et pour bien saisir les raisons et les objectifs des rénovations.

Roberge affirme que l’Université de Moncton investit près d’un million de dollars dans les travaux et qu’il ne s’agit que de la première de deux phases de rénovations. Aucune date n’est prévue pour la deuxième étape mais Mme Simard a « l’impression que ça ira dans deux ans, pour rester réaliste ». Le projet est né en 2010 suite à un rapport intitulé « Conception d’un Carrefour de l’apprentissage au Campus de Moncton ».

Monsieur Roberge explique l’objectif central du projet :

« Les étudiants se dispersaient ou se déplaçaient : ici, à Taillon, au Centre étudiant, etc. L’idée [du Carrefour de l’apprentissage], c’est un « one stop shop ». À la même place, tu vas retrouver un ensemble de services qui te sont offerts pour te venir en aide, pour t’aider à mieux réussir les études. Tout ça dans un Carrefour avec de nouveaux ameublements, un décor nouveau, revu, revampé et plus moderne. »

Héctor Alvarez rajoute :

Ce concept [de Carrefour de l’apprentissage] a commencé au début des années 1990 dans des universités anglophones canadiennes et aux États-Unis. C’est le concept de « Learning Commons ». Ce concept ne vise pas seulement l’accès à l’information et à certains services reliés à l’apprentissage. C’est aussi la question d’un espace de travail qui permette à l’étudiant de rencontrer ses copains pour faire des travaux en équipe. »

Il ne s’agit donc pas d’implanter de nouveaux services mais plutôt de les regrouper dans un seul et même espace. Le Centre d’aide en français (CAF), le Centre d’aide à la rédaction universitaire (CARU) et l’ensemble des programmes d’appui à la réussite académique seront ainsi centralisés. Un nouvel espace de formation sera aussi construit, tandis que les services d’aide académique aux étudiants à besoins spéciaux demeureront au second étage. Des centres d’aide en statistique et en mathématique pourraient voir le jour ultérieurement.

Le comptoir de prêt et la section référence seront réaménagés au centre du décor dans la forme de deux demi-cercles. Le nouveau comptoir de prêt devrait être construit en début décembre, tandis que la section des références déménagera à la mi-janvier.

Ce renouvellement a déjà pris place aux campus d’Edmundston et de Shippagan. Mme Simard explique que le modèle de Shippagan est plus petit que ce qu’on aura à Moncton, tandis que celui d’Edmundston s’étend sur deux étages. Alvarez précise que ce sont les mêmes architectes qui opèrent ces projets de construction.

Il est intéressant selon lui que les travailleurs aient acquis de l’expérience aux autres campus. Par exemple, en construisant à Edmundston des locaux murés en vitre, les architectes n’avaient pas prévu des effets de réverbération sonore. À Moncton, la forme des six salles vitrées sera planifiée en conséquence. Roberge entrevoit que ces locaux seront très en demande et il y envisage pour le futur l’installation de rétroprojecteurs afin d’apporter une nouvelle dimension aux travaux de groupes.

Le bibliothécaire en chef prévoit aussi des rénovations à venir dans l’espace où se trouvent les fours micro-ondes et les machines distributrices. Il pense « rendre cela comme un espèce de Café, si on veut. » La peinture et les tapis font partie des changements en perspective. Par rapport à ce projet et à l’actualisation des éléments physiques du reste de la Bibliothèque, Mme Simard espère qu’« au prochain exercice budgétaire, il y aura peut-être des fonds pour changer l’ameublement ».

Des outils de recherche plus performants
Tout récemment, la Bibliothèque Champlain s’est munie de nouveaux instruments de recherche qui devraient faciliter la recherche et l’accès aux revues scientifiques, aux périodiques et aux ouvrages en général.

Alvarez explique en quoi consiste l’outil de recherche Summon :

« Summon permet de faire de la recherche dans l’ensemble des 21.000 titres de périodiques de façon simultanée. Auparavant, on devait se promener d’une base de données à l’autre pour trouver un périodique en particulier. Dans l’écran des résultats, Summon va te présenter pas seulement les titres d’articles qui répondent à ta recherche, mais aussi les bases de données où Summon a trouvé les articles, de façon telle que si tu veux faire une recherche plus puissante, tu peux entrer dans les bases de données recommandées par Summon. »

Le chef des services publics présente ensuite WorldCat :

« WorldCat, c’est la nouvelle interface du catalogue de la bibliothèque. À un moment donné, Éloize va disparaître et on va le remplacer par WorldCat. C’est une interface beaucoup plus conviviale et qui présente beaucoup plus d’information. L’avantage, c’est que tout le contenu du catalogue Éloize est là et aussi le contenu des catalogues des 60.000 autres bibliothèques. »

Alain Roberge les qualifie de « moteurs de recherche à la Google, mais institutionnels. » L’innovation est majeure. Auparavant, Éloize ne réunissait que les réseaux bibliothécaires des universités et des hôpitaux. Avec WorldCat, on parle d’un réseau mondial de bibliothèques de toutes sortes. Quant à Summon, il est clair qu’il éliminera plusieurs longues étapes de recherche à travers les bases de données et les revues scientifiques.

Horaire spécial et construction bruyante
Mme Simard prévient que la construction deviendra bruyante durant la présente semaine alors que les travailleurs bâtiront des murs au premier étage. Le pire devrait se produire durant les matins. Le personnel espère faire terminer ces travaux à chaque jour en après-midi afin que les soirées soient plus tranquilles.

C’est donc pour accommoder les étudiants que la Bibliothèque Champlain adoptera son horaire des examens à partir du 27 novembre, soit une semaine plus tôt qu’à l’habitude. Elle sera ouverte de 8h30 à minuit du lundi au vendredi et de 10h à minuit les samedis et dimanches.

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