Un plan B pour la scène alternative musicale de Moncton

par Mathieu Plourde Turcotte

Comme certains ont pu le constater, la partie « Paramount » qui présentait des spectacles plutôt alternatifs dans le complexe regroupant Paramount/Manhattan/O² est désormais fermée. Il aurait été possible de penser que bon nombre de gens qui s’intéressent aux nouveautés musicales locales, à des genres qui ne font que rarement les affiches d’événements, ou (comme le suggère une expression anglaise) à la musique souterraine, se serait ennuyé et se verrait forcé d’aller dans des places, à courant dominant (mainstream), car, par définition, la musique alternative ou « underground » rejoint moins de monde et n’offre, en général et de par ce fait, pas nécessairement de plan b.

Au coin de la St-George et de la rue Lutz, c’est donc, malgré tout, dans un décor mettant de l’emphase sur la musique, avec, signé au mur, tous les artistes qui y sont passés, avec une scène à auteur de foule enlevant toute condescendance, avec des gens qui sortent de l’ordinaire portant fièrement leur gilet des « Dead kennedys » ou parlant d’un spectacle de « Floggin molly » comme l’un des meilleurs jamais vus, avec un personnel de barman/barmaid, qui, après discussion, s’avère en grande partie des musiciens1, que la soirée s’anime dans ce qui a été autrefois, avant juin 2009, période de l’achat du bar par la propriétaire actuelle, le « five point lounge » : un bar qui était plus orienté pour la clientèle avoisinante avec des machines à sous et tout le tralala de taverne, dit la propriétaire du Plan B, Tracy Petukhov, en ajoutant que l’objectif avait radicalement changé depuis son acquisition; le petit bâtiment étant devenu un bar-salle-de-spectacle (a bar for music venues).

Au menu de ce bar-salle-de-spectacle, est présentée, tous les soirs, au minimum une prestation différente, d’une variété passant d’artistes acadiens, comme Joseph Edgard, Lisa Leblanc, à des artistes anglais, parfois blues, d’autre fois, acoustique, folk ou punk. Bref, presque tous les genres y passent, même, de ce que la barmaid et musicienne Meadow Leblanc raconte comme l’affaire la plus bizarre jamais vue dans le bar : un groupe (Pan Zerfaust) qui était arrivé sur la scène avec une tête de chèvre en leur possession. Lever le nez sur un style musical ne pourrait exister que par manque de variété dans ce bar qui, selon Tracy Petukhov, a l’avantage, par rapport au Paramount, d’offrir plus de variété. Toutefois, la propriétaire ne dit pas voir de différence dans l’achalandage ou dans la variété de la clientèle depuis la fermeture du Paramount. Elle explique cela par le fait qu’avant même la fermeture du Paramount, le Plan b s’était déjà formé une clientèle assez distincte et différente des autres.

Les mardis soirs d’improvisations, où tout le monde peut apporter sa touche instrumentale, n’y sont certainement pas étrangers; et d’ailleurs, selon Meadow Leblanc et Tracy Petukhov, la montée de l’achalandage du bar ne se fait pas en fonction de la journée comme dans la majorité des bars, mais bien en fonction de l’artiste qui y est présent : « Ça peut se remplir lundi comme vendredi ou samedi soir. » Avec le temps, le Plan B est devenu un incontournable pour les artistes qui veulent se faire connaitre sur la scène, ne serait-ce que « sous terraine », de Moncton, les « tripeux  » de musique ne peuvent que s’en réjouir.

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