Une Acadie tournée vers le Sénat, l’Afrique et son passé

Jean-Marie Nadeau. Photo Gabrielle Viger

Le militant acadien mieux connu pour sa présidence de la SANB, Jean-Marie Nadeau, annonce lors d’une conférence donnée à l’Université de Moncton qu’il voudrait devenir sénateur.

La salle est presque comble, exploit impressionnant pour un vendredi matin, même si on devine que la majorité y est dans le cadre d’un cours. Nadeau débute en avouant qu’on lui demande souvent de faire ce genre de discours, chose qu’il refuse généralement, mais qu’aujourd’hui est pour lui une occasion qu’il ne pouvait manquer.

Le public comprendra rapidement que ceci est vraisemblablement sa première conférence où il annonce son intérêt pour le Sénat, mais qu’elle est loin d’être sa dernière.

Aujourd’hui,  il « lance sa campagne », à la manière d’un politicien qui se lance dans une course électorale pour un poste élu. Toutefois, le Sénat n’est pas formé de postes élus, mais plutôt de personnes nominées par le Premier ministre.

Comment Jean-Marie Nadeau compte-t-il se faire entendre à Ottawa ? Avec « une tournée de conférences au Nouveau-Brunswick  et une pétition ou une lettre. »

Une Acadie qui n’oublie pas son passé

Le militant acadien réserve une grande partie de son discours à retracer le passé de l’Acadie, surprenant puisque son exposé est intitulé, « L’Acadie, le monde, l’avenir ». Cet aspect historique, Nadeau l’explique avec l’expression « pour savoir où on s’en va, il faut savoir d’où on vient ».

La foule semble toutefois apprécier la présentation historique de l’Acadie, particulièrement le professeur d’économie camerounais Didier Tatoutchoup. Ce dernier compare l’histoire colonisée de l’Acadie à celle de son pays. Le Camerounais et l’Acadien font même des liens entre la jeunesse d’aujourd’hui de leurs pays respectifs qui est, selon eux, « ramollie » dans son engagement. 

L’Afrique, le monde, l’avenir 

Jean-Marie Nadeau aborde les Africains présents en grand nombre devant lui en tant qu’ « Africadiens » en les encourageant à prendre leur place en Acadie. Il rajoute à quel point il aimerait voir les Africains et les Acadiens s’entremêler davantage à l’Université de Moncton. Nadeau juge que ces années de complicité sont cruciales pour la création de projets.

Mais qu’en est-il des étudiants africains qui veulent conserver leur identité africaine ici en Acadie et qui n’ont parfois même pas l’intention de rester en Acadie après les études postsecondaires ? L’aspirant sénateur n’y voit pas de problème. Il insiste sur l’ouverture que l’Acadie devrait avoir sur l’Afrique autant au niveau social qu’au niveau du plan des programmes d’échanges, qu’ils soient commerciaux ou autres. « Dans le monde francophone, l’Afrique représente l’avenir ».

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