«Une année remplie de défis» selon Raymond Théberge

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Photo: Archives

C’est une nouvelle année qui débute à l’Université de Moncton, mais ce sont les mêmes préoccupations qui hantent les corridors administratifs. En entrevue exclusive avec Le Front, le recteur de l’université, Raymond Théberge, livre ses attentes pour l’année scolaire 2015-2016, les défis qui nous attendent du côté financier, ainsi que la position résolue de l’institution face aux compressions budgétaires et révisions gouvernementales imminentes.

C’est une longue bataille qui attend l’Université de Moncton, d’après le recteur Raymond Théberge. Avec des gels imposés sur les frais de scolarité étudiants et l’embauche professorale, en plus d’une morbidité économique à l’échelle nationale et provinciale, ce ne sont pas les défis qui manquent chez les institutions postsecondaires du Nouveau-Brunswick.

D’après Théberge, l’Université de Moncton ainsi que toutes les institutions postsecondaires du Nouveau-Brunswick devront rester sur leurs gardes et se préparer à défendre leur position face à la révision des programmes gouvernementaux imposée par le gouvernement Gallant.

«Ça va être, je pense, une année remplie de défis. L’année passée, le gouvernement a pris certaines décisions qui ont eu un impact important sur le budget de l’université.»

«Par contre, je suis quand même très optimiste, car nous avons été en mesure de trouver des moyens pour essayer de répondre aux exigences financières qui ont été imposées par les décisions (du gouvernement).»

En mars dernier, notamment, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé un gel des frais de scolarité et de la contribution provinciale aux institutions postsecondaires, éliminant ainsi une contribution de 3% prévue par le budget de l’Université de Moncton.

Les problèmes financiers de l’université découlent également d’un faible taux d’inscription. Toujours selon le recteur, 78% des inscriptions à l’Université de Moncton proviennent directement des diplômés des écoles secondaires du Nouveau-Brunswick, un chiffre qui est en ce moment en baisse. En novembre dernier, l’Université de Moncton a répondu en imposant un gel sur l’embauche des professeurs, cela afin d’équilibrer son budget qui, cette année, affiche un déficit de plus d’un million de $.

La période d’austérité gouvernementale en nuit davantage aux institutions postsecondaires, cette fois en coupant les programmes de remboursement de la dette étudiante, cela chez les diplômés les plus endettés du pays. Selon le recteur, l’Université de Moncton compte continuer à effectuer des rencontres avec les ministres concernés afin de défendre la position de l’institution, de ses employés et de ses étudiants.

«On devra être très vigilants cette année pour s’assurer que les universités ont leur place chez nous.»

D’après Théberge, la balle se trouve à présent dans le terrain du gouvernement Gallant.

«C’est important de réaliser que les décisions qui ont été prises affectent non seulement l’université, mais aussi les étudiants et les autres membres de nos comités», soutient-il.

Si les embuches sont multiples, les solutions possibles, quant à elles, commencent à se faire connaitre. Dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, notamment, le système de prêt étudiant a été remplacé en aout dernier par des bourses, éradiquant ainsi toute dette provinciale d’études. Il s’agit d’une première au pays, ainsi qu’une initiative bien vue par les autres institutions postsecondaires et les fédérations étudiantes, telle la FÉÉCUM.

En entrevue, Raymond Théberge a affirmé y avoir songé, mais que la décision ne lui revenait pas ultimement.

«Je pense que pour toutes les universités, ça serait un pas de géant, maintient-il. Encore une fois, c’est une décision du gouvernement.»

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