Une banque alimentaire pour les étudiants, par les étudiants

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Pascal Haché devant la réserve de la banque alimentaire au Centre étudiant. Photo Emilie LeBlanc

C’est en discutant avec des gens responsables des banques alimentaires dans le Grand Moncton que la FÉÉCUM avait eu l’idée d’incorporer une banque de dépannage sur le campus même. Pascal Haché, président de la FÉÉCUM, a appris que quelques étudiants utilisaient déjà ce service : « la problématique que ces gens-là rencontraient, c’est qu’ils n’avaient pas de voiture et souvent, la banque alimentaire était pas nécessairement proche ».

« Le monde trouve ça vraiment triste qu’on a besoin d’une banque alimentaire (…), malheureusement, on est rendu à ça », partage Haché. L’Université de Moncton se trouve en effet à être l’une des premières universités canadiennes à avoir une banque alimentaire.

Food Dépôt Alimentaire et Sobeys sont les partenaires de la FÉÉCUM pour la conception de la banque alimentaire. Le processus s’est déroulé assez rapidement pour instaurer la banque d’aliments au Centre étudiant, mais Haché pense que ce serait parce que ces partenaires étaient conscients du besoin imminent chez les étudiants.

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Le premier sac de denrées distribué le mardi 20 octobre 2015. Photo Emilie LeBlanc

La formule

Les sacs contiennent assez de nourriture pour fournir trois repas pendant trois jours. Évidemment, puisque le Centre étudiant n’est pas encore en mesure d’amasser des aliments périssables, les étudiants auront peut-être besoin d’acheter quelques articles de base comme du lait ou des légumes et fruits frais par exemple.

« Là on commence avec la base, on va s’assurer que ça va bien pis après ça, on va commencer à intégrer des éléments à mesure. La prochaine étape, ce sera probablement un congélateur pour y mettre du pain », partage Haché.

La FÉÉCUM a organisé un tournoi de golf afin d’amasser de l’argent pour acheter des aliments qui ne viennent pas souvent dans les banques alimentaires, par exemple, de la viande. Pascal Haché souligne aussi que les services alimentaires de l’Université de Moncton ont remis un don pour la banque alimentaire, chose qui aidera grandement à faire avancer le projet.

Pour le premier panier, Haché note que c’est lui qui avait fait la décision des aliments avec une autre personne impliquée dans le projet afin d’accélérer le processus. Par la suite, ce seront plutôt les étudiants en nutrition qui feront les décisions à ce sujet : « C’est un peu ça qu’ils étudient, donc pourquoi pas les inclure dans le projet pis les faire vraiment mettre en place certaines initiatives qui va vraiment aider les étudiants », informe Haché.

La vision

Plusieurs autres initiatives pour venir en aide aux étudiants pourraient découler de ce projet. L’équipe pensait déléguer aux étudiants en nutrition la conception de recettes qui utiliseraient les denrées distribuées de la semaine. De plus, la FÉÉCUM souhaite glisser des brochures qui permettraient de renseigner les étudiants sur les différents services de santé disponibles sur le campus de l’Université de Moncton.

La FÉÉCUM assure la confidentialité

« Une expérience dans une banque alimentaire, tu veux que ce soit privé ». Haché souligne que les informations récoltées seront confidentielles, mais que certaines devront être partagées avec Food Dépôt Alimentaire afin d’avoir un meilleur portrait de l’utilisation de la banque. Aucun nom ne sera divulgué. La FÉÉCUM prévoit continuer la banque alimentaire sur plusieurs années, mais afin de mieux enligner leurs efforts, des statistiques de la première année les aideront.

Sans abus

L’utilisation de la banque alimentaire demeure à la discrétion des étudiants. C’est un service d’urgence qui est là pour dépanner les étudiants qui ne peuvent pas se payer de quoi se nourrir. « (…) Mon but, tout de suite, c’est d’accepter tout le monde (…), mais y faut que les étudiants comprennent que c’est là pour un étudiant qui est dans le besoin. J’peux pas voir quelqu’un qu’a pas eu le temps de faire son épicerie pis qui est comme trop paresseux pour marcher. Si t’as l’argent, on apprécierait que ces étudiants-là n’utilisent pas le service », partage Pascal.

Les étudiants concernés peuvent s’inscrire auprès de la FÉÉCUM.

« (…) On veut qu’elle soit utilisée [la banque alimentaire], pas que le service soit là pis pas utilisé. J’veux pas qu’un étudiant se dise « ah bin mes parents ont de l’argent j’pourrais les appeler. » Venez nous voir pis on va t’arranger ça ».

Plusieurs banques alimentaires ont souvent une limite d’utilisation d’une fois par mois. Ce n’est pas le cas présent pour celle de la FÉÉCUM. Par contre, les étudiants qui l’utiliseront plus souvent feront l’objet de suivis, dans le but de les aider davantage dans une sphère de leur vie qui n’est peut-être pas comblée. Haché soulignait, entre autres, des besoins au niveau de l’élaboration d’un budget, de l’aide au niveau d’une dépendance, ou bien, d’autres facteurs qui pourraient venir en jeu.

Appel à la communauté étudiante

Bien que la FÉÉCUM ait réussi à trouver une vingtaine de bénévoles, elle en aura toujours besoin de plus afin d’assurer le roulement de la banque alimentaire. Haché souligne qu’il y a plusieurs tâches à effectuer et il invite les intéressés à contacter la FÉÉCUM. Il y a même des bacs de dons dans chaque faculté qui acceptent les aliments non périssables pour ceux qui désirent s’impliquer autrement.

 

Author Details
Emilie est diététiste présentement à la maîtrise en sciences de la santé. Elle est passionnée de la nutrition et de la cuisine et souhaite transmettre ceci à ces lecteurs. N’ayant pas peur du ridicule et étant parfois sarcastique, ceci ne se traduit pas toujours très bien à l’écrit, mais elle tente tout de même de bien passer le message.
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