Une éclosion de coqueluche en pleine saison de grippe

Les feuilles tombent, la température baisse et voilà que la saison du rhume est à nos portes. Ce qui est plus inquiétant, par contre, c’est l’éclosion de cas de coqueluche au Nouveau-Brunswick.

 

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Docteur Yves Léger accorde une entrevue avec Le Front au sujet de l’éclosion récente de la coqueluche. Photo Dayna Muzey, Le Front

Les cas dans la région

Depuis la dernière éclosion en 2012, peu de développements se sont produits au niveau de la maladie, aussi connue comme la toux de 100 jours.

Pourtant, c’est depuis le 2 octobre 2015 que l’on a reporté une hausse du nombre de cas dans la région. La mise à jour la plus récente du docteur Yves Léger, médecin hygiéniste de la région de l’Est, dévoile qu’un total de 36 cas a été reporté à compter du 21 octobre, dans la région du Grand Moncton, deux desquels s’étaient déclarés sur le campus de l’Université de Moncton.

« Les nouveaux cas demeurent semblables à ce qu’on a vu précédemment, explique le docteur Léger. C’est-à-dire que la majorité [se déclarent] surtout chez des enfants, des adolescents et des jeunes adultes. »

Dr. Léger affirme aussi qu’heureusement, aucun des cas reportés n’étaient chez des bébés ou des jeunes enfants, pour qui la coqueluche peut être mortelle.

 

La maladie et les symptômes

Provenant de la bactérie Bordetella pertussis, la coqueluche affecte principalement les poumons et la gorge de l’individu.

Dans les cas des enfants, on peut facilement reconnaître le son aigu qui se produit lorsqu’ils reprennent leur souffle, suite à des quintes de toux successives, qui peuvent aller jusqu’à causer le vomissement.

Par contre, ce symptôme caractéristique de la coqueluche se présente majoritairement chez les enfants, ce qui veut dire que les adultes présenteront seulement les signes d’une grippe saisonnière (nez coulant, gorge irritée) avec une toux traînante pour plusieurs semaines.

Avec la saison du rhume en plein jeu, on peut alors facilement avoir peur d’avoir contracté une part de l’éclosion de coqueluche.

 

« Des fois ça peut être difficile, surtout au début, dit le docteur Léger, de faire la différence entre les deux. Alors c’est à ce moment qu’on doit avoir l’avis d’un médecin afin de faire des tests pour savoir de ce qui en est, au juste. »

Dr. Léger explique que, suite à une simple culture bactérienne provenant d’un écouvillon du nez, la coqueluche peut être détectée et traitée avec des antibiotiques sur une période de 5 jours.

 

Le vaccin existe, alors Pourquoi cette éclosion?

Léoline Hetu, infirmière du campus et responsable du service de santé de l’Université de Moncton, informe Le Front que le vaccin ne garantit pas une immunisation parfaite contre la coqueluche, bien qu’il demeure la meilleure méthode de prévention.

Le vaccin est administré aux bébés dès l’âge de 2, 4, 6 et 18 mois, ensuite à l’âge de quatre ans et encore à l’adolescence. Elle explique aussi qu’une éclosion de coqueluche n’est pas méconnue, même avec le vaccin:

« À tous les 3-4 ans, on voit des éclosions— pas des épidémies, mais des éclosions de coqueluche. Parce que justement le vaccin (…) protège, mais on trouve que son efficacité diminue avec les années. C’est pour ça qu’on pense qu’il y a des éclosions, et c’est pour ça qu’on recommande aux adultes de 18 ans et plus qui n’ont pas eu le vaccin lors de l’âge adulte de le recevoir. »

Mme Hetu explique que le vaccin contre la coqueluche est disponible gratuitement aux étudiant(e)s de l’UdeM au service de santé du campus.

 

Actions entreprises

Dr. Léger détaille aussi les efforts en cours de route pour rectifier la situation de l’éclosion. Il explique que la santé publique a donné priorité aux élèves de septième année afin qu’ils puissent recevoir le vaccin d’ici au mois de novembre, au plus tard.

« On a aussi envoyé des lettres aux parents pour s’assurer qu’ils prennent le temps de vérifier le carnet vaccinal de leurs enfants et de s’assurer qu’il est à jour, dit-il. »

Les cliniques de la région offriront aussi des vaccins aux femmes enceintes et aux contacts proches des nouveau-nés qui n’ont pas d’autres moyens de le recevoir.

Les travailleurs prés et post-nataux qui entretiennent des contacts réguliers avec des femmes enceintes et des nouveau-nés ont aussi été informés de la situation et des ressources pour recevoir le vaccin.

De plus, le personnel de la santé publique, ainsi que d’autres programmes de santé, ont été sensibilisés au sujet de la coqueluche afin qu’ils puissent en parler avec leurs patient(e)s et les encourager à recevoir le vaccin, ou alors de s’informer pour savoir s’ils sont à jour.

Autre que le vaccin, Dr. Léger rappelle que le meilleur moyen d’éviter la coqueluche est de se laver les mains souvent et correctement, de ne pas propager ses microbes si l’on a déjà la grippe, cela en se couvrant la bouche quand on tousse, et enfin, de veiller à notre hygiène en général.

Les gens qui pensent avoir contracté la coqueluche sont recommandés de se rendre à une clinique et d’obtenir l’avis d’un médecin aussitôt que possible.

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