Une miette de romantisme, un morceau d’intensité et quelques excès de traces

Romantisme, désir, répulsion, passion, fantasme, honte et… un peu d’exagération. Ce sont là les composants de la pièce de théâtre « Traces d’étoiles » de Cindy Lou Johnson, qui a été présenté du 2 au 6 décembre, au Studio-théâtre La Grange, par le Département d’art dramatique de l’Université de Moncton.

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Nicolas Dupuis, ancien du département d’art dramatique, et Stacy Arseneault, étudiante en quatrième année en art dramatique, dans les rôles de Henry Harry et Rosannah Deluce. Photo: Dayna Muzey, Le Front

La pièce originellement anglaise de Cindy Lou Johnson, traduit vers le français par Maryse Wanda, fut premièrement publiée en 1989 et présentée à de nombreux sites prestigieux, notamment le Hollywood Playhouse.

Dans une petite demeure en Alaska, Rosannah Deluce (Stacy Arseneault) vient briser la solitude lorsqu’elle s’y retrouve en trombe, gelée par le froid et secouée de panique, après avoir tenté de braver la tempête en voiture. En voyant cette femme inconnue s’évanouir sur le plancher, Henry Harry (Nicolas Dupuis), un homme vivant dans l’isolement de cette demeure, s’occupe de Rosannah jusqu’à ce qu’elle se réveille. Ensemble, ils tentent de retracer leurs pas, d’apaiser leurs passés afin de restituer un présent dans lequel ils coexistent.

Un montage simple, mais de qualité, avec des effets audiovisuels impressionnants, la mise en scène de Marcia Babineau en sera une qui fera sans doute parler les spectateurs présents. On voit très bien le temps, le travail et l’effort qui fut investi et canalisé dans tous les aspects de la pièce. On remarquera que la performance des acteurs fut quelque peu exagérée lors de certaines interactions, mais qu’autrement elles furent vivaces et très représentatives des personnages vivant un tel drame.

Malgré tout, l’exagération des quelques scènes doit être discutée. Oui, on constate que Rosannah est en état de crise dès le début de la pièce et qu’elle vit une montagne russe d’émotions, tout en luttant avec ses souvenirs douloureux, jusqu’à la fin de la pièce. Le personnage de Harry Henry en est semblable, mais par différents motifs et causes. Le fait demeure que les deux personnages luttaient simultanément contre deux passés très lourds. Bien que ce soit une pièce dramatique, il est cependant nécessaire de garder un pied sur terre, c’est-à-dire de demeurer vraisemblable en tout temps. Ceci n’est pas pour caractériser l’ensemble des performances, mais certains moments où on ressentait une fausse intensité ou une exagération de l’émotion.

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La scène de « Traces d’étoiles » par Cindy Lou Johnson, mise en scène par Marcia Babineau au Studio-théâtre La Grange. Photo: Dayna Muzey, Le Front

Malgré ces quelques instants, la chimie entre Arseneault et Dupuis ne peut qu’être remarquable. On doit noter qu’en plus d’un texte se déroulant pour plus d’une heure à mémoriser, entre seulement deux acteurs, chacun des rôles demandait une grande intensité romantique. N’importe qui ayant fait du théâtre comprend trop bien que la représentation d’une essence d’attraction-répulsion est loin d’être une simple tâche, et on doit vraiment souligner la force de leur performance.

La pièce est à recommander pour tous ceux qui se plaisent de voir le talent des étudiants d’art dramatique de l’Université de Moncton en action et pour tout amateur de romantisme.

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