L’Université de Moncton : une politique sur les activités d’intégration

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Entrée de l’Université de Moncton, campus de Moncton.

L’Université de Moncton se dote d’une politique sur les activités d’intégration

Le Vice-rectorat aux affaires étudiantes et internationales s’est doté de nouvelles mesures pour encadrer les activités d’intégration, plus communément appelé activités d’initiation, des nouvelles étudiantes et nouveaux étudiants de l’Université de Moncton. C’est ce qu’a appris le journal Le Front récemment.

Le document, intitulé « Politique d’activités d’intégration des nouvelles et des nouveaux étudiants », adopté et entré en vigueur le 10 juillet dernier, fait état que de telles activités sont bénéfiques pour les nouveaux venus.

« Pendant cette période d’accueil, la tenue d’activités visant à la fois l’intégration des nouvelles étudiantes et des nouveaux étudiants à leur nouveau milieu, et le développement de leur sentiment d’appartenance, est essentielle. » peut-on y lire en préambule du document de cinq pages.

Destiné principalement aux conseils étudiants et aux personnes responsables de l’organisation et de la tenue des activités d’intégration, le Vice-rectorat aux affaires étudiantes et internationales souhaite, avant tout, viser positivement sur la facilité d’intégration à la vie universitaire.

Cette politique est élaborée dans tout le réseau pancanadien des universités. Une façon de mettre sur papier, une politique qui existait dans les règlements universitaires.

« Notre but, c’est d’assurer que les activités d’intégrations se font de façon sécuritaire pour éviter les situations qui sont survenues dans certaines universités, notamment celle de Dalhousie. », selon Rémi Goupil, responsable de la vie étudiante et socioculturelle

Cette politique se détaille en cinq points directeurs, dont notamment, le respect des droits et libertés de la personne, le temps et les lieux propices à la réalisation de ces activités ainsi que les normes de santé et sécurité. Certains points vont jusqu’à se référer aux lois établies par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, comme par exemple, la Loi sur la réglementation des alcools.

En effet, dans ce même document, on y indique que les activités avec consommation d’alcool sur le campus, doivent se dérouler sur une aire désignée par le ministère de la Sécurité́ publique et que les tournées de bars sont interdites en raison de leur incitation à la consommation excessive d’alcool qui peut entraîner un danger pour la santé et la sécurité́ des personnes.

De plus, l’expression « activité d’initiation » est bannie du vocabulaire de l’Université. En effet, l’Université́ de Moncton utilisera désormais l’expression « activité́ d’intégration » et non « activité́ d’initiation » qui a souvent une connotation négative. Goupil explique la raison de ce changement :

« L’histoire qui se rattache derrière cette expression d’activité d’initiation est tellement rendue à un point tel que certains étudiants avaient peur de participer à ces activités. »

Rappelons que l’an dernier, Marie‑Linda Lord, alors vice-rectrice aux affaires étudiantes, soulignait en entrevue à ICI Radio‑Canada Acadie, qu’une politique serait mise en place afin d’éviter que des situations tristes et malheureuses ne surviennent, comme les dérapages connus dans certaines universités des provinces Atlantiques.

La FÉÉCUM : « ça l’a créé une certaine frustration »

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Les bureaux de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton.

En entrevue avec Le Front, la présidente de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), Roxann Guerrette, a participé au processus de consultation de cette nouvelle politique. Elle dit comprendre pourquoi une telle politique doit être instaurée à l’Université de Moncton.

Elle avoue par contre que la politique actuelle est meilleure que la première version reçue à la FÉÉCUM :

« On a reçu la première version du document en avril ou mai, le document ne satisfaisait pas vraiment à nos attentes. On a fait des suggestions, il a été beaucoup amélioré. »

Elle critique par contre le fait que la FÉÉCUM a été écartée d’une deuxième discussion à ce sujet :

« Il (le document) a été accepté avant même d’avoir une deuxième révision de notre part, poursuit Roxanne. Ça l’a créé une certaine frustration, […] on aurait aimé pouvoir modifier certains points »

Le point six concernant les conséquences pouvant être appliquées par l’Université de Moncton cause toujours un problème pour la Fédération. De plus, selon Guerrette, le point trois fait l’objet de débats chez certains étudiants.

Dans l’éventualité où les activités d’intégration ne seraient pas conformes à cette nouvelle politique, l’Université de Moncton se réserve le droit de les interrompre et les personnes responsables de l’intégration pourraientt se retrouver devant le comité disciplinaire et écoper de sanctions.

Le Vice-rectorat aux affaires étudiantes et internationales convoquera prochainement tous les étudiants au début du mois d’octobre afin d’envisager une discussion et de déceler des problématiques pouvant survenir avec l’instauration de cette politique.

À propos
Journaliste CKUM
Anthony Azard est journaliste pour la radio communautaire CKUM. Récipiendaire du prix Méridia pour sa couverture des sports universitaires en 2018, il est en deuxième année du programme d’Information-communication. Il anime Le Point, couvre l’actualité du sud-est et de la province pour l’ARCANB. Il a aussi été collaborateur occasionnel à l’émission « La Route des 20 » sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première.
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