Vent de changement aux Loisirs socioculturels

Louis Doucet pose fièrement avec le trophée Excellence Louis Doucet décerné par RADarts.

Louis Doucet pose fièrement avec le trophée Excellence Louis Doucet décerné par RADarts.

Les cinéphiles ne sont sûrement pas passés à côté de l’événement culturel de la mi-novembre, à savoir le Festival international du Cinéma Francophone en Acadie (FICFA). Mais savent-ils que les deux premières éditions de ce « must » filmique ont été organisées par le Service des loisirs socioculturels de l’Université de Moncton? Depuis sa création en 1972, l’association dirigée par Louis Doucet s’est également fortement impliquée au théâtre l’Escaouette, au Capitol et au Centre des arts et de la culture de Dieppe.

Le responsable du Service est à la barre de celui-ci depuis 1982, mais quittera ses fonctions à la fin de l’année. Son départ va amener plusieurs importantes modifications, la plus notable étant le changement de nom de l’association : en effet, elle se nommera désormais « Vie étudiante et socioculturelle ». Le processus de nomination du successeur de Louis Doucet se trouve en tout cas à un stade avancé : « La personne devrait être nommée d’ici à la fin de cette semaine », affirme-t-il. Le temps de transition entre l’ancien et le nouveau (ou la nouvelle) dirigeant(e) sera en tout cas très court.

Quelle que soit l’identité du nouveau responsable du Service, il pourra capitaliser sur les fruits de la bonne gestion de son prédécesseur. Le succès des activités chapeautées par l’association ne se dément pas, comme l’explique la réceptionniste et employée à la billetterie, Vanessa Duguay : « On offre des spectacles, des cours d’anglais et de danse virtuose, on fait des activités pour la rentrée, comme par exemple aller au zoo. Ces dernières sont très populaires et sold out à chaque rentrée ».

Louis Doucet ne peut que confirmer ses dires : « L’année passée, on avait 183 activités étudiantes organisées sur le campus! Le rapport annuel montre que la proportion d’étudiants qui participent à celles-ci est assez haute ».

Un paradoxe subsiste cependant. D’un côté, et selon le responsable actuel du Service, « la mission essentielle du Service est d’offrir une qualité de vie étudiante élargie. J’ai toujours cru que les arts et la culture sont le cœur et l’âme d’une communauté. » À première vue, il paraît donc légitime de penser que le public visé est exclusivement étudiant. Les faits prouvent cependant le contraire : la majorité des participants aux activités culturelles sont externes au campus universitaire bleu et or. «

“On vise toute la région du Grand Moncton. Des personnes viennent de Bouctouche, Cocagne…”, comme l’explique Vanessa Duguay. L’entretien du Front avec la réceptionniste sera d’ailleurs interrompu par un appel téléphonique de clients anglophones. Malgré le fait d’avoir ses bureaux sur le campus, l’association ne vise pas exclusivement la communauté estudiantine comme fonds de commerce.

Si les groupes cibles ne sont donc pas clairement identifiés, ou classables dans une seule catégorie, l’objectif du Service est beaucoup moins équivoque : les activités sont en effet majoritairement axées autour de la promotion de la culture acadienne. “On est encore les seuls présentateurs de films francophones sur une base régulière”, rappelle Louis Doucet. “L’Université de Moncton a d’ailleurs toujours voulu montrer l’importance de son rôle dans la communauté”.

Mais les récentes difficultés budgétaires de l’institution ne menacent-elles pas d’affecter le fonctionnement du Service? Le responsable de ce dernier joue l’apaisement : “On a développé un système basé sur l’autofinancement. On a un bon programme de sponsoring, on travaille beaucoup avec les différents niveaux politiques, on a une alliance stratégique avec RADarts (Réseau atlantique de diffusion des arts de la scène). Ce sont tous des leviers qui nous permettent de survivre [financièrement]”.

Autre bonne nouvelle : la couverture médiatique des évènements est excellente, les communiqués de presse étant souvent relayés et les activités couvertes. Le partenariat signé avec Brunswick News facilite évidemment les choses, même si la pénétration de la presse anglophone pourrait encore être améliorée.

Le Service semble donc être une rafraîchissante exception au marasme économique de la province. Il demeure cependant fort dépendant de la disponibilité du Coude. Louis Doucet précise que le bar permettait de donner un aspect “cabaret” aux représentations culturelles, qui plaisait énormément aux étudiants. Sa réouverture est donc un enjeu important pour le Service.

Le bilan des 33 années du capitaine Doucet est néanmoins largement positif, et le bateau socioculturel semble bien équipé pour résister aux tempêtes du futur! Et offrir toujours plus de divertissements aux étudiants…

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