Violence sexuelle : La FÉÉCUM veut « créer une culture de consentement »

La campagne de sensibilisation au consentement sexuel de la Fédération étudiante est sur le point de commencer.

La Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) lancera deux publications par semaine se rapportant au consentement sexuel, en collaboration avec les conseils étudiants.

Des formations seront aussi offertes aux étudiants voulant devenir personnes-ressource, deux initiatives menées en partenariat avec le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick et le Carrefour pour les femmes.

Le but est simple : sensibiliser la communauté universitaire sur le harcèlement et la violence sexuelle, en créant une « culture de consentement » à l’Université de Moncton.

Dès aujourd’hui, des statistiques seront publiés chaque mercredi et vendredi sur les médias sociaux.

La Fédération s’allie avec les conseils étudiants

La FÉÉCUM s’est entendue auprès des associations étudiantes pour diffuser chacune des publications sur leurs pages respectives, pour rejoindre un maximum de gens.

« Notre campagne va vraiment se dérouler sur les médias sociaux, particulièrement sur les pages des conseils étudiants », explique le président de la FÉÉCUM Tristian Gaudet.

Il espère instaurer un esprit de leadership parmi chacune des facultés.

« Un conseil fera un poste Facebook des statistiques qu’on va leur donner. Ensuite, tous les autres conseils pourront partager le poste de ce même conseil, et ainsi de suite », dit-il.

Tristian Gaudet précise également qu’une formation sera offerte à tous les étudiants afin qu’ils puissent devenir personnes-ressource.

« Si jamais quelqu’un approche le conseil pour leur parler de quelque chose qui leur est arrivé, que ce soit une violence sexuelle, du harcèlement ou quoi que ce soit, il y aura des personnes là qui sauront comment gérer une telle situation. Donc on s’assure que la personne sait à qui elle doit se référer, mais c’est certain qu’une formation de base sera offerte. »

Une réunion

Au Conseil d’administration de la FÉÉCUM, les vice-présidents externes de chaque conseil étudiant prennent des décisions au nom de leur organisme, plusieurs fois par mois. Crédit : Le Front

Deux partenaires externes

Les formations offertes par la FÉÉCUM pour devenir personnes-ressources et l’alimentation du contenu présenté dans les publications seront fournies en partenariat avec deux sources externes, le Carrefour pour femmes et le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

Les faits et statistiques seront tirés des études et des avis d’experts recueillis par le Regroupement féministe du N.-B.

L’organisme servira aussi de source informative concernant toutes questions liées à la culture du viol et à la culture du harcèlement sexuel.

De son côté, le Carrefour pour femmes s’est engagé à fournir des ressources et des liens d’urgence pour venir en aide aux victimes, telle qu’une ligne téléphonique disponible 24 heures par jour et sept jours par semaine.

Le président de la FÉÉCUM dit vouloir mettre ces ressources à portée de main pour la communauté universitaire.

« Ce sont des ressources qui manquent sur le campus tout de suite. On peut faire de la sensibilisation tant qu’on veut, mais [en fin de compte], on doit se préparer dans le cas où quelque chose du genre arrive »

« Un problème de dénonciation »

Aucun cas d’agression sexuelle n’a été rapporté sur le campus de Moncton entre 2009 et 2013, signalait une enquête de CBC, en 2015, sur les campus canadiens.

«Je pense qu’il y a un problème de dénonciation sur le campus », dit Tristian Gaudet.

Les statistiques rapportent qu’un quart des étudiantes va subir une violence sexuelle pendant son parcours.

« Qu’on me dise que zéro cas a été reporté sur un campus de plus de 3000 étudiants, c’est problématique, et ça démontre le besoin d’une campagne de ce genre», explique-t-il.

La FÉÉCUM attend une politique universitaire contre le harcèlement sexuel

Le délai dans l’adoption d’une politique contre le harcèlement sexuel déçoit Tristian Gaudet.

Elle a été repoussée jusqu’en décembre, par le comité administratif responsable pour appliquer la politique contre les comportements à caractère sexuel.

« La rentrée est une période critique pour la campagne et pour mettre cette politique en place » , dit-il, se référant aux statistiques de la campagne.

« Les huit premières semaines pour les étudiants en première année, c’est la période de temps où ils ont le plus de chances à subir une violence à caractère sexuelle»

L’Université affirme être en période de consultation avec les différentes instances de la communauté universitaire. De plus, la politique doit être approuvée par le Conseil des gouverneurs du 9 décembre, confirme le directeur des communications de l’Université, Marc Angers.

Un message clair

Avant même qu’elle soit lancée, Tristian Gaudet dégage beaucoup de confiance envers la campagne.

«Je pense que la couverture médiatique […] a démontré qu’il y avait non seulement un intérêt de la part des étudiants, mais aussi de la communauté en général. C’est vraiment quelque chose qu’on doit discuter.»

Au sujet de la population visée par la campagne, Gaudet souhaite amener toute la communauté universitaire à comprendre ces quelques mots :

« Sans oui, c’est non. »

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