Weihnachtsmarkt, prise 3!

Un marché de Noël typiquement allemand!

Plus que marre des révisions pour les examens de fin de session? Alors il est temps de s’asseoir confortablement dans un fauteuil moelleux avec cet exemplaire du Front, et de se laisser bercer par les quelques mots qui vont suivre.

Imaginez-vous une place recouverte d’un fin manteau de neige. La grisaille de ses pavés a été remplacée, en cette période de Noël, par une myriade de petits chalets en bois qui offrent vin chaud, douceurs et objets d’artisanat. Quelques musiciens bravent le froid pour régaler les oreilles des passants et emplir leur cœur de bons sentiments à l’approche du 25 décembre. Des senteurs de cannelle et de chocolat chaud flottent dans l’air. Pour couronner le tout, de jeunes enfants s’émerveillent devant un gigantesque sapin décoré de guirlandes lumineuses, dans toute la pureté de leur juvénile innocence.

Ce tableau, presque trop idyllique pour être vrai, devient pourtant réalité chaque année dans différentes villes allemandes et autrichiennes. Les marchés de Noël sont une tradition bien ancrée dans la culture populaire des germanophones. Tradition que Michel Mallet, professeur d’allemand à l’Université de Moncton, se propose de perpétuer pour la troisième année consécutive au Centre étudiant.

Plusieurs étapes pour un objectif

L’évènement aura lieu le 3 décembre, de 16 à 20 h. Les lecteurs les plus attentifs se rappelleront que les mêmes étudiants avaient déjà organisé l’Oktoberfest, institution de la culture bavaroise, un peu plus tôt durant la session. Celle-ci avait été couronnée de succès, comme le confirme Émilie Nolet, étudiante en traduction : « Une centaine de personnes sont venues. Vers 20 h 30, toutes les tables du 63 étaient pleines ». Ces évènements culturels servent à financer un voyage qu’une quinzaine d’étudiants du département susnommé entreprendra au printemps prochain.

« J’ai créé un itinéraire à but culturel et éducatif pour que les étudiants se familiarisent avec le système universitaire allemand. L’objectif premier est de donner une expérience authentique aux étudiants, afin de leur permettre de mettre en pratique ce qu’ils ont appris dans leurs cours », révèle Michel Mallet. Par ailleurs, des ventes de chocolats (« particulièrement populaires en période d’examens », précise malicieusement Émilie Nolet) et de calendriers sont organisées.

A priori, deux obstacles se dressaient sur le chemin de la mise sur pied de ce Weihnachtsmarkt. D’une part, il était à craindre que celui-ci ne rentre en conflit avec le marché qui se tiendra au Musée acadien les 4 et 5 décembre.

Herr Mallet se veut rassurant à ce sujet : « Ce que l’organisation de deux marchés [consécutifs] veut dire, c’est simplement que les gens aiment ceux-ci. Je ne crois pas qu’il y aura une compétition ». Il poursuit : « Ça fait la troisième édition que j’organise, c’est une tradition qui est en train de s’établir ». D’autre part, celui qui enseigne la langue de Goethe à Moncton tenait absolument à ce que le vin chaud soit vendu en plein air, comme en Europe. En effet, la boisson a pour vocation de réchauffer les passants frigorifiés; la servir dans un espace déjà chauffé n’a donc pas beaucoup de sens. Mais les lois sur la consommation d’alcool au Nouveau-Brunswick interdisent cette pratique.

Il a donc fallu s’en sortir par une pirouette, comme l’explique Émilie Nolet : « Le vin sera vendu sur la terrasse du 63, qui a un permis spécial ».

Michel Mallet semble d’ailleurs abhorrer l’abondance de la législation à ce sujet : « Il faut respecter les règles du campus, du centre étudiant et de la province ».

La rigueur est donc de mise.

Convergences culturelles

Cette qualité est au demeurant un trait typique de la personnalité des Bavarois, rappelle le professeur. Ceux-ci ont à ses yeux plus de points communs que de différences avec les Acadiens : « Les Bavarois sont très fiers d’être Bavarois, et les Acadiens ont aussi une fierté culturelle ».

Émilie corrobore ces propos avec enthousiasme : « Les deux sont très chaleureux. J’ai rencontré plein d’Allemands en voyage, et ils le sont vraiment [chaleureux] ».

La communauté germanophone au Canada est d’ailleurs riche de plus de membres qu’on ne pourrait le croire à première vue. Selon Michel Mallet, qui invoque une étude publiée quelques mois passés pour étayer ses propos, les locuteurs de la langue de Goethe constituent la quatrième communauté la plus importante au pays, après les anglophones, les francophones et les ressortissants des Premières nations. Il précise cependant immédiatement qu’avec l’accueil de réfugiés syriens, ces données sont peut-être déjà périmées.

Moncton ne fait pas exception à cette tendance et ouvre ses portes à un certain nombre de germanophones : « Depuis que je suis ici, j’ai entendu à plusieurs reprises des Allemands parler entre eux dans des cafés », confie Michel Mallet. La facilité d’adaptation de cette communauté vient selon lui de sa bonne maîtrise de l’anglais et du français.

Bref, les échanges culturels entre Acadie et pays germaniques sont étroits. Alors, juste avant le début des examens, pourquoi ne pas s’offrir un peu d’Allemagne?

 

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